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Devinez la chute de Par temps de chasse , par Sonia

dimanche 14 novembre 2010, par M. Gillmann

Les élèves de 3ème C ont rédigé des nouvelles à chute. Elles sont publiées sur le site, sans la fin : à vous, chers lecteurs, de la deviner et de la poster en cliquant sur "Répondre à cet article". Les chutes originales seront publiées dans trois semaines.

Aurélie ne s’était jamais autant inquiétée. Cela l’affolait, d’autant plus que c’était à cause de son meilleur ami qu’elle était dans cet état. Julien avait toujours été si indépendant... Et en dépit de leurs différences, elle l’avait toujours considéré comme un frère.

Son inquiétude était justifiée, pourtant, elle le savait. Elle regrettait de ne pas avoir été plus attentive. Cela lui aurait peut-être évité de se retrouver là, à l’orée de cette forêt qu’elle avait tant appréciée, mais qui tout-à-coup lui semblait inhospitalière : les ombres des arbres et le vent s’engouffrant dans leurs branches prenaient un tout autre aspect à l’approche du crépuscule.

Comme si elle espérait le faire venir plus vite, Aurélie s’efforça de penser à son ami. Lui revint soudain en mémoire leur "conversation" qui ne datait que de deux jours : une de leurs nombreuses disputes …
« Ils ont recommencé ! Regarde ! », s’était écriée Aurélie en jetant le journal sur la table du salon. Julien, qui ne savait que trop bien qu’il ne fallait pas désobéir à son amie lorsqu’elle était dans cet état, s’était exécuté et avait rapidement détaillé le cliché qui faisait la une du quotidien local : fusil à la main, Mr Hunter, leur voisin, arborait fièrement le cadavre d’un loup tué peu de temps auparavant. Il était entouré de ses camarades et souriait bêtement.

« Ecoute ce passage !, avait-elle poursuivi. " Mr Hunter, le meilleur chasseur de Green Wood, nous prouve une nouvelle fois ses talents en inaugurant la saison de chasse, cette année. Si l’on en croit le nombre de villageois venus le soutenir hier, beaucoup suivront son exemple pour l’aider à nous débarrasser du fléau que sont les loups…" Tu te rends compte ? Ils ne font de mal à personne. Ce sont ces sales types, le fléau ! »

Julien avait hoché la tête et soufflé bruyamment.

« J’irai dans les bois après les cours pour l’empêcher de recommencer, avait-elle décidé. Tu viendras avec moi ? »

Il avait encore fait un signe de tête et lui avait lancé un regard qui ne laissait aucun doute sur son avis : il ne voulait pas y aller.
« Alors tu t’en fiches, de ces atrocités ?, avait explosé la jeune fille. Que ces types commettent des meurtres ! Tu ne te sens même pas un peu concerné ? »

Il avait poussé un autre soupir et s’était étendu paresseusement sur le canapé.

Evidemment, Aurélie s’était empressée de répliquer qu’entre lui et ce loup, il n’y avait pratiquement aucune différence, il s’était contenté de secouer la tête pour repousser une touffe de mèches brunes d’un geste dédaigneux, ignorant l’atroce injustice contre laquelle elle se battait depuis des années.

Quelle futilité ! Mettre ainsi en danger son Julien qu’elle aimait tant pour un stupide article…Comme si elle ne pouvait les retenir, ses souvenirs se bousculèrent dans sa tête. Elle se revoyait au même endroit, deux jours auparavant, Julien (qu’elle avait pratiquement traîné de force) et elle tentant vainement d’empêcher leur voisin et ses acolytes de poursuivre leur chasse. Puis, elle ressentit à nouveau son affolement lorsqu’elle n’avait pas trouvé son plus fidèle ami avant de repartir. Elle l’avait cherché, pourtant ! Elle s’était époumonée à hurler son nom, n’ayant pour seule réponse que les coups de feu de cette bande de sauvages.

Mais la veille, il était revenu. Il n’avait pas fait un bruit en entrant par la fenêtre et elle avait cru rêver lorsqu’elle l’avait aperçu à travers les larmes qui lui brouillaient la vue. N’était-ce pas un rêve, d’ailleurs ? Aurélie ne savait même plus. Comme à son habitude, il n’avait rien dit, mais lui avait lancé un regard suppliant et indiqué à plusieurs reprises la forêt. Aurélie le connaissait si bien qu’elle avait immédiatement compris le message : ne surtout pas y aller. Elle avait essayé d’en savoir plus, bien sûr, mais Julien s’était entêté dans son silence. Il s’était contenté de désigner une dernière fois la forêt et de lui faire comprendre qu’il ne reviendrait pas.

Elle avait fermé les yeux pour lui dissimuler ses larmes, et le temps qu’elle les rouvre, il avait disparu.

Mais pourquoi était-elle ici à l’attendre, alors qu’elle n’était même pas sûre qu’il veuille la voir et encore moins qu’il ne soit passé la veille ? Plus elle y repensait, plus elle doutait… Non, elle l’avait vu ! Elle n’aurait jamais pu imaginer ça.

Un bruissement derrière elle tira Aurélie de ses pensées. Julien ! Il lui jeta un regard à la fois menaçant et inquiet.

« Je me fiche que tu ne veuilles pas que je vienne !, riposta la jeune fille. Je veux rester avec toi. »
Son compagnon eut un moment d’hésitation, puis prit enfin une décision…

Pour connaître la chute, cliquez ici...

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